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Comprendre la psychothérapie et l'accompagnement à Paris

Une chronique de Alban Pelloutier

Actualité

Tempérament et santé mentale : au-delà des diagnostics du DSM en psychothérapie

L'Association for Psychological Science a annoncé, début septembre, la publication d'un numéro spécial de la revue Clinical Psychological Science consacré aux effets du tempérament sur les troubles mentaux.

Alban Pelloutier, Psychologue clinicien et superviseur·mis à jour 15 septembre 2026

Tempérament et santé mentale : au-delà des diagnostics du DSM en psychothérapie

Pour nous, cliniciens exerçant à Paris, cette nouvelle mérite d'être prise au sérieux: la recherche nord-américaine remet en circulation un concept que la psychopathologie française — de la tradition psychodynamique aux modèles dimensionnels — n'a jamais vraiment abandonné, mais que le tout-diagnostique DSM avait contribué à reléguer au second plan.

Reposer la question du tempérament

Comme le rappelle un article publié le 9 septembre dans Psychology Today, le DSM remplit de multiples fonctions — codage pour les assureurs, repères pour les étudiants en formation, cadrage ponctuel face à un patient qui s'est autodiagnostiqué — mais son apport à la pratique clinique courante reste discuté, notamment en psychothérapie psychodynamique où le diagnostic catégoriel influence rarement le choix du cadre thérapeutique. Ce qui guide le clinicien, selon cette analyse, relève davantage du style défensif du patient, de sa manière de s'engager dans la relation et des objectifs qu'il formule. Ce point de vue recoupe frontalement la démarche du numéro spécial de l'APS: replacer les traits stables — réactivité émotionnelle, persistance, seuil de stimulation — au cœur de l'évaluation, plutôt que de rabattre toute souffrance sur une catégorie nosographique.

Ce que cela change pour vous en cabinet

Si vous consultez à Paris ou si vous entamez une démarche de soin, attendez-vous à un entretien anamnestique plus fin. Un clinicien formé à l'évaluation du tempérament ne vous demandera pas seulement vos symptômes et leur durée: il explorera votre réactivité de base, votre tolérance à la frustration, votre manière habituelle de faire face à l'adversité. Pour vous, patient, c'est un indicateur concret à observer dès les premières séances — un praticien qui ne s'intéresse qu'aux critères DSM sans explorer votre fonctionnement singulier risque de vous réduire à une étiquette et de passer à côté de leviers thérapeutiques essentiels. À l'inverse, un clinicien attentif au tempérament dispose d'un cadre pour comprendre pourquoi certaines approches vous conviennent et d'autres échouent — un point crucial avant de s'engager dans un travail au long cours.

Une prudence de méthode

Le numéro spécial de Clinical Psychological Science, d'après le titre communiqué par l'APS, réunira plusieurs contributions sur le lien entre tempérament et maladie mentale. Faute de sommaire détaillé dans les sources dont nous disposons, nous restons prudents sur les conclusions spécifiques et les protocoles éventuellement proposés. Ce qui mérite d'ores et déjà d'être retenu: la recherche nord-américaine rejoint, par un autre chemin, ce que la clinique française enseigne depuis longtemps — la personnalisation du soin reste l'horizon pertinent, et non l'application mécanique d'un protocole standardisé. C'est une raison supplémentaire, pour vous, d'interroger tout praticien sur sa grille de lecture avant de vous engager.