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Comprendre la psychothérapie et l'accompagnement à Paris

Une chronique de Alban Pelloutier

Actualité

Adaptation et mise en œuvre de la psychothérapie par l'escalade de bloc au Brésil

publiée fin août sur MDPI confirme la faisabilité d'une psychothérapie par l'escalade de bloc au Brésil.

Alban Pelloutier, Psychologue clinicien et superviseur·mis à jour 31 août 2026

Adaptation et mise en œuvre de la psychothérapie par l'escalade de bloc au Brésil

Elle décrit l'adaptation clinique et l'évaluation d'un programme thérapeutique mobilisant le bouldering dans un cadre de santé mentale. Pour nous, cliniciens à Paris, ce type de publication mérite qu'on s'y arrête — non pour s'enthousiasmer, mais pour comprendre ce que ce média thérapeutique modifie dans le dispositif de soin.

Ce que « faisabilité » veut dire

Le terme a un sens précis en recherche clinique. Une étude de faisabilité montre qu'un protocole peut être mis en œuvre dans des conditions définies. Elle ne démontre pas l'efficacité thérapeutique. Nous le savons: passer de la faisabilité à la recommandation demande des années de réplication, d'évaluation contrôlée et d'analyse des mécanismes d'action.

Ce qui est documenté ici est une étape initiale. Étape initiale seulement.

Le corps comme variable, le cadre comme exigence

Intégrer une activité physique — à plus forte raison une activité qui expose au risque de chute — dans un cadre psychothérapique modifie plusieurs paramètres de l'alliance thérapeutique. Le patient n'est plus seulement en position de locuteur; il agit, il chute, il recommence. Le thérapeute n'est plus seulement dans l'écoute; il observe un corps en effort, il ajuste la cadence, il intervient parfois sur le réel.

Pour certains patients que nous recevons — ceux pour qui la mise en mots bloque, ceux qui intellectualisent jusqu'à l'épuisement, ceux qui ne peuvent pas accéder au ressenti sans passer par l'action — ce type de média peut relancer un processus thérapeutique enlisé. Encore faut-il que le cadre reste thérapeutique.

Une séance d'escalade entre amis n'est pas une psychothérapie. Ce qui fait la différence, c'est l'analyse systématique de ce qui se joue dans l'engagement corporel, dans l'évitement, dans la chute, dans la persévération. Sans reprise clinique de l'expérience vécue, l'activité sportive reste une activité sportive — avec ses bénéfices propres, mais hors du soin psychique.

Ce que nous ne savons pas encore, et ce qu'il faut vérifier

Le résumé accessible ne précise pas les profils de patients inclus, les contre-indications retenues, la formation des thérapeutes, ni la manière dont a été construit l'articulation entre l'expérience sur le mur et le travail en cabinet. Tant que ces éléments ne sont pas disponibles, cette publication reste pour nous un signal: quelque chose se structure autour du bouldering thérapeutique. Ce n'est pas encore un protocole que vous pouvez intégrer sans précaution à votre pratique.

Si vous envisagez d'explorer cette voie: formez-vous d'abord à l'encadrement de l'activité sportive elle-même, clarifiez par écrit les limites du dispositif, prévoyez une supervision spécifique, et gardez en tête que l'outil sert le processus psychique — jamais l'inverse. Le risque existe toujours de confondre l'engagement corporel avec le travail thérapeutique. Les deux ne se confondent pas.