psy-op

Comprendre la psychothérapie et l'accompagnement à Paris

Une chronique de Alban Pelloutier

Actualité

Consultations psy en ligne : comment choisir le bon praticien pour votre suivi

Comme le relève un article publié cette semaine par The Conversation et repris par Medical Xpress, les soins en santé mentale en ligne ne relèvent plus de l'expérimentation ponctuelle: ils s'inscrivent durablement dans le paysage clinique.

Alban Pelloutier, Psychologue clinicien et superviseur·mis à jour 02 septembre 2026

Consultations psy en ligne : comment choisir le bon praticien pour votre suivi

Le soin à distance s'est installé dans la durée

Pour nous, cliniciens exerçant à Paris, cette mutation change moins la nature du travail thérapeutique que les conditions concrètes dans lesquelles l'alliance peut — ou non — se construire. À vous, patients, de comprendre ce que ce déplacement de cadre exige de vigilance.

Ce que l'écran change, et ce qu'il ne change pas

Un écran n'abolit pas la clinique; il en déplace les exigences. La question n'est plus « la téléconsultation est-elle valable? » — elle l'est, pour des indications précises — mais plutôt: dans quel cadre diagnostique s'inscrit-elle, et qui décide du retour au présentiel quand la situation l'exige? Troubles de l'humeur, anxiété généralisée, suivis en cours lors d'un déplacement ou d'un déménagement: la consultation en ligne tient sa place, à condition que l'évaluation initiale ait été conduite sérieusement et que le clinicien garde la capacité d'orienter vers les urgences psychiatriques quand un risque émerge.

Ce que nous observons au cabinet, trop souvent: des suivis débutés en ligne sans qu'un premier temps d'évaluation ait permis de poser l'indication, ni même d'écarter ce qui ne relève pas d'un travail psychothérapique. L'écran protège l'intimité, mais il masque aussi ce qui, dans le transfert, cherche à se montrer. Avant de vous engager, vérifiez qu'un temps d'évaluation existe — et qu'il n'est pas escamoté.

Repères concrets avant de choisir un praticien

Quelques critères que nous utilisons nous-mêmes pour jauger la solidité d'un dispositif de soin à distance:

  • L'identification sans ambiguïté: numéro ADELI pour les psychologues, mention du titre et de l'inscription à l'Ordre, diplôme vérifiable. Un site qui n'affiche pas ces éléments doit vous alerter.
  • Le cadre matériel: plateforme sécurisée, durée annoncée, tarification claire, conditions d'annulation, lieu calme du côté du praticien.
  • La sortie possible: un clinicien rigoureux accepte de réévaluer l'indication du format en ligne et vous oriente vers un confrère en présentiel — ou vers une structure adaptée — quand la situation le requiert.

Si l'un de ces points reste flou, ce n'est pas de la prudence excessive de votre part. C'est de l'hygiène clinique élémentaire.

Ce que la normalisation attire, et ce qu'elle révèle

L'essor des plateformes qui agrègent des praticiens sans exigence de supervision ni de formation continue produit un phénomène que nous rencontrons désormais régulièrement: des patients ayant enchaîné trois ou quatre « thérapeutes » en quelques mois, sans qu'un travail de fond ait jamais eu lieu. Ce n'est pas un échec du patient. C'est l'échec d'un dispositif qui confond accessibilité logistique et continuité du soin.

Choisissez un clinicien comme vous choisiriez un médecin traitant: pour la durée de la relation, pas pour la commodité immédiate. Et souvenez-vous qu'un suivi qui dure, même imparfait, vaut davantage qu'une succession de commencements.