Impact du stress post-traumatique parental sur la santé mentale des enfants
Une étude ukrainienne relayée par LIGA.net rappelle une évidence que nous, cliniciens, voyons chaque semaine en cabinet: le trouble de stress post-traumatique parental n'épargne pas les enfants.
Alban Pelloutier, Psychologue clinicien et superviseur·mis à jour 27 août 2026

Ce n'est pas une révélation — c'est une confirmation qui mérite d'être prise au sérieux, sans embellissement.
Ce que dit — et ne dit pas — l'étude
Le titre publié par le média ukrainien est sans ambiguïté: le PTSD des parents pèse sur la santé mentale de leurs enfants. À ce stade, LIGA.net ne fournit ni chiffres, ni méthodologie, ni noms de chercheurs dans son fil d'actualité. Nous ne prétendrons donc pas vous livrer un pourcentage de risque, une tranche d'âge précise ou un protocole validé. Ce que nous pouvons nommer, en revanche, c'est ce que cette annonce confirme: la souffrance traumatique ne reste pas confinée à celui qui l'a vécue.
Pourquoi cette annonce concerne votre démarche de soin
Un parent suivi pour PTSD n'est pas seulement un patient individuel: son état psychique structure le climat émotionnel dans lequel grandit un enfant. Nous voyons régulièrement en consultation des adultes qui, sans avoir vécu d'événement traumatique direct, portent les marques non élaborées de la guerre, de l'exil ou de la violence traversée par leurs parents. L'étude ukrainienne documente cette transmission à grande échelle, dans un contexte que nos patients russophones et franco-russes connaissent souvent de l'intérieur. Nombre d'entre eux arrivent avec une histoire familiale marquée par un trauma collectif — soviétique, post-soviétique ou plus récent — dont les effets se manifestent parfois des décennies plus tard, y compris chez des enfants nés bien après les événements.
Une tribune publiée cette semaine dans le New York Amsterdam News attire l'attention sur un piège clinique fréquent: confondre la maîtrise d'une langue avec la compréhension d'une culture. L'autrice y rappelle un chiffre du U.S. Department of Health and Human Services: les adultes hispaniques et latinos étaient 28 % moins susceptibles que l'ensemble des adultes américains de recevoir un traitement en santé mentale en 2024. La barrière à l'accès n'est pas seulement linguistique — elle touche aussi à la manière dont la souffrance psychique est nommée, reconnue et autorisée dans l'entourage du patient. Nous, cliniciens, devons donc poser les bonnes questions plutôt que supposer que nous comprenons. Quel rôle joue la famille dans votre vie? Comment nommez-vous ce qui vous fait souffrir? L'idée de consulter est-elle acceptable dans votre entourage, ou vue comme une faiblesse? Ces questions, adressées dans la tribune à la communauté latino-américaine new-yorkaise, valent intégralement pour vous.
Ce qu'il vous revient de vérifier
Trois points avant de vous engager dans un suivi. Que le praticien affiche une formation explicite en psychotraumatologie, et non un simple vernis de développement personnel. Qu'il accepte de travailler la dimension familiale et trans-générationnelle quand elle est pertinente dans votre situation. Qu'il puisse vous accueillir dans votre langue sans que la séance ne devienne un effort supplémentaire de votre côté. L'étude ukrainienne n'apporte pas, à elle seule, de protocole miracle. Elle rappelle une nécessité clinique élémentaire: quand un parent souffre, ses enfants paient souvent la note. Il n'est jamais trop tard pour interrompre cette chaîne.