Santé mentale et suivi somatique : les leçons des données de 2026
Selon l'Office for Health Improvement and Disparities (GOV.UK), la publication officielle de septembre 2026 actualise les données de mortalité et d'excès de mortalité chez les adultes de 18 à 74 ans…
Alban Pelloutier, Psychologue clinicien et superviseur·mis à jour 03 septembre 2026

Ce que la mise à jour britannique de septembre 2026 confirme
Selon l'Office for Health Improvement and Disparities (GOV.UK), la publication officielle de septembre 2026 actualise les données de mortalité et d'excès de mortalité chez les adultes de 18 à 74 ans pris en charge dans les services psychiatriques secondaires anglais, sur la période 2022-2024. Les chiffres restent classés en « official statistics in development », c'est-à-dire en cours de consolidation — mais la tendance ne souffre plus d'ambiguïté. L'écart d'espérance de vie entre patients psychiatriques et population générale persiste, et la publication appelle explicitement à une meilleure prise en charge intégrée de la santé physique et mentale.
Ce que ces données disent à un patient parisien
Vous qui songez à entreprendre une psychothérapie, ou qui êtes déjà engagé dans un travail: ce que ces chiffres documentent, c'est la mortalité globale — pas uniquement le suicide. Ils mesurent l'écart structurel entre la mortalité observée chez les patients suivis en psychiatrie et celle attendue dans la population générale. Autrement dit, l'enjeu ne se réduit pas à la crise psychique aiguë. C'est la continuité du soin somatique chez des patients dont le parcours psychiatrique a fini par éclipser le reste. À Paris, dans un cabinet libéral, le risque est identique: une psychothérapie qui se pense comme un espace étanche, sans articulation avec le médecin traitant, reproduit cette fragmentation. Nous, cliniciens, voyons arriver des patients dont le bilan sanguin date de cinq ans, dont le médecin traitant a été perdu de vue, dont les traitements psychotropes n'ont jamais été réévalués sérieusement. La psychothérapie n'a pas vocation à se substituer au suivi médical. Elle n'a pas non plus vocation à l'ignorer.
Trois questions à poser avant de s'engager
D'abord: le thérapeute accepte-t-il de recevoir une attestation médicale récente, ou travaille-t-il en lien formalisé avec un médecin traitant? Ensuite: comment envisage-t-il l'articulation entre le travail psychique et le suivi somatique — comme un partenariat, ou comme un espace clos? Enfin: est-il capable de reconnaître, à un moment donné, que la situation dépasse le périmètre de la psychothérapie seule et qu'une évaluation médicale ou psychiatrique s'impose? Un praticien qui esquive ces questions n'est pas un thérapeute rigoureux. C'est un praticien qui confond l'écoute avec l'isolement clinique.
Pendant ce temps, en Sarthe, l'établissement public de santé mentale annonce vouloir ouvrir douze lits supplémentaires pour désengorger ses urgences. Le signal est local, mais il résonne au-delà du Mans: la psychiatrie publique française est sous tension, et le report vers le secteur libéral — psychologues en cabinet, notamment — devient la norme pour les patients qui peuvent financer eux-mêmes leur suivi. Ce déplacement n'est pas anodin. Il transfère vers des praticiens isolés une responsabilité clinique qui exige, par nature, un travail en réseau. À vous de vérifier lequel, parmi les praticiens que vous consultez, en prend la mesure.