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Une chronique de Alban Pelloutier

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Santé mentale féminine : comprendre l'impact des transitions hormonales sur le psychisme

Le 10 septembre dernier, dans le premier épisode d'une nouvelle émission consacrée à la santé des femmes, la professeure Marion Leboyer, psychiatre et directrice générale de la Fondation FondaMental…

Alban Pelloutier, Psychologue clinicien et superviseur·mis à jour 15 septembre 2026

Santé mentale féminine : comprendre l'impact des transitions hormonales sur le psychisme

Le 10 septembre dernier, dans le premier épisode d'une nouvelle émission consacrée à la santé des femmes, la professeure Marion Leboyer, psychiatre et directrice générale de la Fondation FondaMental, a posé une question que nous, cliniciens, ne pouvons plus esquiver: pourquoi les vulnérabilités psychiques propres aux femmes restent-elles si mal repérées? Diffusée sur Mieux TV, cette séquence abordait les périodes charnières — puberté, grossesse, post-partum, ménopause — et leur impact documenté sur la santé mentale.

Repérage clinique: l'urgence qui ne date pas d'hier

Le propos de la Pr Leboyer ne relève pas du plaidoyer médiatique. Il rappelle une réalité épidémiologique établie: la prévalence des troubles dépressifs et anxieux présente des pics marqués lors des transitions hormonales, et la période du post-partum demeure un angle mort de la pratique de premier recours. Non par indifférence — par défaut de formation structurée des soignants.

Nous le constatons en cabinet. Combien de patientes arrivent après plusieurs mois d'évolution silencieuse, faute d'un interrogatoire ciblé sur leur histoire reproductive? Combien de dépressions du post-partum sont encore confondues avec une « simple fatigue maternelle »? Le retard de diagnostic conditionne la réponse thérapeutique et, à moyen terme, la qualité de l'alliance avec le soignant. C'est précisément ce que la Fondation FondaMental cherche à corriger, notamment à travers des outils de prévention et la plateforme internationale MiaMental.

Ce que cela change concrètement pour vous

Pour les patientes, l'énoncé de ces vulnérabilités spécifiques implique un changement de posture. Ne pas attendre la décompensation pour consulter. Accepter que la fluctuation hormonale est un facteur de risque clinique, pas une faiblesse à taire. Exiger de votre praticien un interrogatoire structuré sur vos cycles, vos grossesses, vos transitions.

L'information circule aussi en dehors des cabinets. En Haute-Marne, la délégation Unafam organise le 12 octobre une formation gratuite destinée aux aidants de proches souffrant de troubles anxieux — phobies, attaques de panique, TAG, TOC, anxiété sociale — coanimée par une psychologue spécialiste des troubles psychiques et une bénévole concernée. Inscriptions jusqu'au 28 septembre, à Chaumont. À Lyon, une conférence annoncée par la municipalité portera sur les parcours parentaux lorsque se croisent TDA/H, TSA, santé mentale et dépression du post-partum. En Suisse romande, une pièce de théâtre vise à libérer la parole sur le suicide. Ces initiatives, dispersées, dessinent un maillage encore fragile mais réel.

Le point aveugle que nous devons nommer

Reste la question qui fâche: pourquoi faut-il encore des événements isolés pour qu'un sujet clinique relève enfin du soin courant? La banalisation de la souffrance psychique des femmes — à travers le prisme du développement personnel, des promesses de « retour à soi », des routines relayées sur les réseaux sociaux — a des conséquences directes sur le retard de consultation. C'est précisément contre cette dilution que notre pratique de clinicien doit tenir. La prévention commence par un acte simple: nommer ce qui est en jeu, sans fard et sans métaphore.