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Une chronique de Alban Pelloutier

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Traiter simultanément l'alcoolodépendance et le TSPT pour optimiser la thérapie

Selon VA News, une étude menée auprès de 100 vétérans souffrant à la fois d’un trouble lié à l’usage d’alcool et d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT) suggère qu’un traitement conjoint…

Alban Pelloutier, Psychologue clinicien et superviseur·mis à jour 27 août 2026

Traiter simultanément l'alcoolodépendance et le TSPT pour optimiser la thérapie

Selon VA News, une étude menée auprès de 100 vétérans souffrant à la fois d’un trouble lié à l’usage d’alcool et d’un trouble de stress post-traumatique (TSPT) suggère qu’un traitement conjoint pourrait améliorer les résultats de l’exposition prolongée. Les participants ont suivi douze séances de cette psychothérapie, avec ou sans topiramate, un médicament présenté dans l’étude comme susceptible de réduire les envies d’alcool. Dans le groupe traité par topiramate, la diminution des envies d’alcool a précédé une baisse plus importante des symptômes du TSPT.

Cette donnée est intéressante pour une raison clinique simple: lorsque l’alcool et le traumatisme s’alimentent mutuellement, traiter un seul versant du problème peut laisser intact le mécanisme qui entretient la souffrance.

Ne pas traiter le traumatisme en ignorant l’alcool

Nous rencontrons souvent des situations où la consommation d’alcool n’est pas un problème périphérique. Elle peut servir à éviter certains souvenirs, à réduire une activation anxieuse ou à rendre tolérables des états internes vécus comme incontrôlables. Mais cette fonction de défense a un coût. Elle peut compliquer le suivi, perturber l’engagement dans les séances et maintenir une dépendance à une solution qui finit par aggraver la situation.

L’étude rapportée par VA News a comparé deux groupes de vétérans présentant ces deux difficultés. Tous ont reçu douze séances d’exposition prolongée. Un seul groupe recevait également du topiramate. Les résultats rapportés indiquent qu’à partir de la sixième séance, les participants prenant ce médicament présentaient une réduction plus importante des envies d’alcool. À partir de la neuvième séance, leurs symptômes de TSPT étaient également moins marqués que ceux de l’autre groupe.

La chronologie compte. Elle suggère que l’amélioration des envies d’alcool a pu précéder les progrès concernant le traumatisme. Le source ne permet pas de transformer cette observation en certitude générale, mais elle donne un axe de réflexion utile: rendre la consommation moins envahissante pourrait faciliter le travail psychothérapeutique sur les souvenirs traumatiques.

Une étude, pas une prescription

C’est ici qu’il faut résister à la banalisation des résultats. Cette étude porte sur 100 vétérans. Elle ne permet pas d’affirmer que le topiramate convient à toute personne présentant une alcoolodépendance et un TSPT. Elle ne permet pas non plus de conclure qu’un médicament doit être ajouté automatiquement à une exposition prolongée.

Vous devez donc distinguer trois niveaux qui sont trop souvent confondus dans les contenus de psychologie en ligne: un résultat de recherche, une hypothèse clinique et une décision de soin. Le premier peut nourrir la deuxième. Il ne remplace jamais la troisième.

Avant toute décision, il faut clarifier ce qui est réellement évalué: le trouble lié à l’usage d’alcool, les symptômes post-traumatiques, la capacité à s’engager dans une exposition prolongée et les modalités précises du suivi. La question n’est pas seulement de savoir si un traitement est réputé efficace. Il faut aussi examiner s’il correspond à votre situation, à votre rythme et à vos risques actuels.

Nous, cliniciens, devons également éviter un autre raccourci: présenter l’exposition comme une épreuve à subir coûte que coûte. Une alliance thérapeutique suffisamment solide, un cadre explicite et une évaluation régulière de l’évolution restent indispensables à tout travail sérieux sur le traumatisme. Le traitement conjoint ne signifie pas que tout doit être mené simultanément, ni de manière identique pour chaque patient.

Ce que cette piste change pour les patients

L’intérêt principal de ces résultats n’est pas de fournir une nouvelle solution miracle. Il est de rappeler qu’un TSPT et un trouble lié à l’usage d’alcool doivent pouvoir être pensés ensemble. Si vous consultez pour des symptômes traumatiques et une consommation devenue difficile à contrôler, vous pouvez demander comment ces deux dimensions seront évaluées et articulées dans le suivi.

Il est également légitime de demander quelle place est accordée à la psychothérapie, quelle est la fonction du traitement médicamenteux proposé et comment seront suivis les effets comme les difficultés éventuelles. Une prescription ne doit pas être présentée comme une formalité, et une exposition ne doit pas être imposée comme un test de volonté.

Les données rapportées par VA News ouvrent une piste, rien de plus — mais rien de moins. Elles invitent à sortir d’une prise en charge en silos, où l’alcool serait traité d’un côté et le traumatisme de l’autre. La suite devra préciser dans quelles situations cette stratégie est pertinente et pour quels patients. En attendant, la prudence clinique reste plus utile que l’enthousiasme publicitaire.